AUTOPSIE CONTEMPORAINE
Cette toile parle de l’influence de ce que l’on ne voit pas.
Ce qui nous construit n’est pas seulement ce que nous vivons, mais aussi ce que nous avons appris à croire : les récits, les valeurs, les peurs, les modèles, les certitudes que nous intégrons parfois sans même en avoir conscience.
Nous avançons avec ces croyances comme avec une structure invisible. Puis la réalité arrive et les confronte perpétuellement.
La peinture se situe dans cet espace de friction : entre ce que nous croyons être vrai et ce qui vient soudainement le remettre en question.
Les figures, les signes et les couches de matière deviennent les traces de cette construction mentale. Rien n’est complètement stable. Une forme apparaît, une autre est recouverte, certaines reviennent autrement. La toile devient elle-même un processus de déconstruction.
C’est peut-être là l’ambiguïté contemporaine : nous devons déconstruire ce qui nous a construits sans savoir exactement par quoi le remplacer.
Détruire certaines croyances, en conserver d’autres, reconstruire avec ce qui reste.
Cette toile ne cherche donc pas à donner une réponse. Elle se situe dans ce moment de bascule, lorsque nos certitudes rencontrent le réel et que nous devons décider de ce que nous voulons encore croire.